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Publié le 17/08/2010 | 09:53

FAITS-DIVERS. Tensions en plein ramadan

Par Rfo.fr (avec AFP)

La polémique fait rage après l’interpellation du fils de la présidente du conseil général devant la mosquée.

Mosquée de Saint-Denis de la Réunion © FTV

Le fils de la présidente du conseil général de La Réunion a été interpellé vendredi après-midi à la sortie de la mosquée de Saint-Denis de La Réunion dans des conditions suscitant lundi, en plein ramadan, l’indignation des associations musulmanes et de plusieurs personnalités politiques, selon un journaliste de l’AFP. Abdul-Hack Juan, 31 ans, fils de la présidente UMP du conseil général Nassimah Dindar, aurait proféré des insultes lors du passage devant la mosquée d’un fourgon de la compagnie départementale d’intervention (CDI), selon la police.

Selon des témoins, il aurait perdu son sang-froid après avoir été frôlé par le véhicule de police. Venus en renfort, les policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser l’attroupement qui s’était formé devant la mosquée Noor-e-Islam de Saint-Denis, dans une rue piétonne très fréquentée du centre-ville.

Placé en garde en vue pour "outrage et rébellion", le jeune homme est ressorti libre du commissariat quelques heures plus tard. Le conseil régional du culte musulman (CRCM) a exprimé lundi sa "plus vive inquiétude" et dénoncé "l’usage de moyens disproportionnés par les forces de l’ordre". "La communauté musulmane, qui a toujours fait preuve de responsabilité et de respect vis-à-vis des lois de la République, aspire à plus de sérénité", estime le CRCM.

"L’utilisation de gaz lacrymogènes et de tasers à la sortie d’un lieu de culte après la prière et en plein ramadan, c’est très dangereux", a estimé Nassimah Dindar, qui a qualifié l’interpellation d’"injuste" et "indigne". La sénatrice (PCR) Gélita Hoarau a dénoncé "l’intervention musclée et sans discernement des forces de l’ordre" tandis que le conseiller général Ibrahim Dindar (DVD) s’est dit "outré" par l’attitude des policiers.

De son côté, le commissaire divisionnaire Philippe Trenec, directeur départemental de la sécurité publique, a indiqué que la réaction des policiers avait été "proportionnée" et "adaptée". "La police républicaine est respectueuse de toutes les religions et nous comptons des musulmans dans nos rangs. Le contexte particulier du ramadan a créé des tensions, mais l’incident n’a rien à voir avec la religion", a-t-il assuré. "Nous avons pu examiner les images vidéo de la télésurveillance de la police municipale. Elles nous confortent dans notre sérénité", a-t-il ajouté.

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